Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

CFTC  FORD

CFTC FORD

CFTC - FORD AQUITAINE INDUSTRIES


CFTC FORD: Déclaration intersyndicale au Comité de suivi du 7 Septembre 2015.

Publié par CFTC Ford sur 7 Septembre 2015, 10:16am

Nous tenons à vous dire notre satisfaction pour la tenue de ce Comité de suivi, promis depuis plus d’un an, repoussé à plusieurs reprises. Ce Comité fait partie de nos préoccupations depuis des mois et nous avons effectivement insisté pour qu’il ait lieu.

Il est important pour nous de faire acter les positions des uns et des autres, de faire acter aussi les moyens nouveaux afin d’assurer l’activité pour les années qui viennent, le maintien et même le redéveloppement de l’emploi.

Il y a besoin d’une confrontation sur les objectifs des uns et des autres.

Les enjeux sont importants : il s’agit de l’avenir d’au moins un millier d’emplois pour FAI et des 750 emplois pour l’usine voisine GFT sans oublier les milliers d’emplois induits par l’activité des 2 usines, sous-traitance, fournisseurs, logistique, commerces…

Il est donc nécessaire d’avoir une discussion publique avec l’ensemble des acteurs économiques et sociaux.

Ford doit rendre des comptes aux pouvoirs publics, à la population, aux salariés. C’est fondamental.

Nous rappelons qu’un accord a été signé le 24 mai 2013 par les pouvoirs publics et Ford Europe. Cet accord concrétisait un double engagement : d’une part celui de la multinationale sur le retour du logo Ford et sur le maintien de 1000 emplois actifs minimum, d’autre part celui des pouvoirs publics qui, en échange, apportaient des aides financières diverses importantes.

Le logo « Ford » est effectivement revenu sur le site, la raison sociale est bien redevenue « Ford ». Mais à peine 14 mois plus tard, les dirigeants de Ford annonçaient (le 4 juillet 2014) que l’objectif des 1000 emplois actifs minimum sur l’usine FAI était abandonné.

Nous avions dénoncé à l’époque ce revirement.

Depuis 2011 nous avions exprimé nos critiques à Ford comme nous avions alerté les pouvoirs publics d’un niveau d’investissements insuffisant et du coup d’un niveau d’activité qui ne permettrait pas d’occuper, à aucun moment, les 1000 emplois.

Nous avons été surpris de l’absence totale de réactions du côté des pouvoirs publics, du côté des élus. Comme si personne ne mesurait la gravité de la situation : Ford recevant environ 45 millions d’euros d’aides publiques, après avoir supprimé autour de 2000 emplois depuis les années 2000.

Pour nous, cela n’est ni une surprise, ni une fatalité. Il est donc fondamental que ce Comité de suivi mette à plat tous les problèmes de ce dossier, acte le respect des engagements de tous et mette en place une démarche de ré-industrialisation, de relance de l’activité, de véritable maintien et de développement de l’emploi.

Il y a besoin de transparence sur la stratégie de Ford, opaque voire incohérente

Il est important de dire à nouveau que les dirigeants de Ford s’expliquent très peu sur leur stratégie, sur leurs intentions. De leurs discours il en ressort une seule chose qui correspond à leur seule préoccupation affichée : la compétitivité. C’est la recette « sacrée » ou « magique » de la période. C’est carrément une obsession.

Mais loin d’offrir des perspectives de maintien de l’activité ou des emplois, cette logique de réduction des coûts, de rechercher toujours plus de rentabilité conduit à désorganiser la production, à durcir la pénibilité sur les postes de travail, à fragiliser des services, à réduire les compétences collectives dans les secteurs, à désorganiser l’approvisionnement (flux tendu).

L’expérience très récente du lancement du Double Embrayage est terriblement révélatrice des difficultés auxquelles nous sommes confrontés.

Nous souhaitons souligner encore que de nombreux salariés subissent des conditions de travail difficiles. Cela se traduit parfois par des taux d’absentéisme importants. Ces mauvaises conditions de travail imposées côtoient paradoxalement des machines et des procédés aux technologies très modernes. Notre santé est aussi une de nos préoccupations principales.

Voici nos interrogations, nos critiques, nos propositions :

Nous tentons de lister toutes les questions qui se posent à nous et que nous souhaitons mettre à la discussion. Autant de questions fondamentales car elles concernent de près le niveau d’activité et d’emploi :

1) Probable fin du secteur des racks :

Les dirigeants de Ford Europe ont dans l’idée d’arrêter cette activité en cette fin d’année pour des raisons... de rentabilité (!). Ce n’est pas officiel, la décision définitive devant être prise ce mois-ci (septembre). Ce choix, s’il se confirme, est une aberration. Comment 3 ans après avoir investi dans de nouvelles machines, de nouveaux métiers, de nouveaux procédés, dans des formations de soudure pour des dizaines de salariés (financées en partie par de l’argent public), comment après avoir obtenu de nouvelles compétences reconnues et certifiées (les racks ainsi fabriqués sont de qualité), comment est-il possible d’abandonner cette activité ?

C’est d’autant plus aberrant qu’il y a des besoins que ce soit en fabrications de racks (qui seraient fabriqués par des sous-traitants) ou pour d’autres tâches au sein même de l’usine (travaux d’amélioration, modifications). Tout existe pour justifier la continuité de cette activité. Sans oublier les aides publiques utilisées pour la mettre en place. Enfin, nous nous opposons à ce choix car il n’y a pas d’activité de remplacement donc cela ne pourrait que renforcer le sureffectif estimé dans l’usine. Cette activité doit être maintenue.

2) Le Traitement Thermique et son avenir incertain :

Nous sommes inquiets pour cette activité qui elle est ancienne. Les investissements pour l’entretien, la rénovation et l’amélioration des capacités de production sont largement insuffisants. De plus, nous savons qu’à GFT, un secteur de Traitement Thermique se met en place, prenant inévitablement une partie de l’activité que nous avons. Tout cela nous interroge sur les choix de Ford et donc pour l’avenir de ce secteur.

3) Peu ou pas de vision sur les volumes de la transmission 6F35 et le carter Fox

Pour la transmission 6F35, il est nécessaire d’avoir une vision et une confirmation des volumes de production pour les 3 prochaines années.

Pour le carter Fox, il y a besoin de confirmer les volumes pour les années qui viennent. Qu’en est-il de l’augmentation de capacité supposée par la direction ?

4) L’hypothétique future transmission ; nécessité de la fabriquer de A à Z !

Cela fait des mois qu’une éventuelle nouvelle transmission automatique pour FAI fait partie du paysage. Les dirigeants la conditionnent tout de même à la compétitivité de l’usine. Nous n’en connaissons évidemment pas l’impact sur l’emploi, ni le volume de production, ni la durée… Mais d’ores et déjà nous mettons en avant la nécessité que la fabrication de cette future transmission comprenne l’assemblage et l’usinage des pièces qui la composent.

Avec la transmission actuelle (6F35) nous faisons l’assemblage mais très peu d’usinage de pièces, alors qu’avec les anciennes transmissions (5R et 5S) une part importante de l’activité et des emplois étaient sur l’usinage de nombreuses pièces. Il s’agit bien de ré-internaliser l’usinage. Et il y a largement la place dans l’usine qui est à moitié vide !

5) Le Double Embrayage et son lancement chaotique, des leçons à en tirer

Le démarrage de l’activité du Double Embrayage s’est révélé désastreux. Un manque de moyens considérables, équipements inadaptés et insuffisants, un sous-effectif important, formation du personnel insuffisante… Cela a conduit à une désorganisation complète du travail, à une incapacité à produire dans les délais, à des conditions de travail difficiles pour le personnel.

C’est le résultat d’une politique de limitation et réduction des coûts à outrance. La direction a dû mettre en place un plan d’urgence : nouvelles machines, nouvelles formations, recrutement de 50 intérimaires, d’ouvriers licenciés de l’usine Ford de Genk (Belgique) pour leur compétence d’outilleurs de presse, des heures supplémentaires, des jours fériés et des week-ends travaillés… Tout cela pose le problème de mettre les moyens suffisants au bon moment pour assurer à la fois une organisation de la production correcte et des bonnes conditions de travail, pour devancer les difficultés, les besoins (équipements, effectifs, formations). Nous demandons une vision à long terme sur les volumes de production du double embrayage et sur la poursuite de cette activité. Il y a le risque réel que Valeo récupère cette activité à terme. Sans autre projet structurant et conséquent en termes d’emplois, la production du Double Embrayage doit être maintenue sur le site.

6) Les fournisseurs, la sous-traitance

Ford impose ses fournisseurs qui sont souvent éloignés. Cela occasionne et renforce les difficultés d’approvisionnement et des défauts de qualité qui entraînent des arrêts de production, lesquels sont de plus en plus fréquents. Cette question est liée à l’externalisation d’une partie des productions et des services. Cela provoque ainsi une désorganisation du travail subie par les salariés et aussi des problèmes environnementaux (pollution) du fait de la multiplication des transports routiers et aériens. La solution est de rapprocher les fournisseurs tout en limitant au maximum l’externalisation.

7) Le vieillissement du personnel, le recrutement de jeunes

La moyenne d’âge du personnel est de 49 ans. Comment imaginer un avenir avec un effectif de plus de 50 ans ? Dès à présent, il est nécessaire de recruter des jeunes, des nouvelles compétences. Le renforcement et le rajeunissement de l’effectif est fondamental pour rendre crédible l’avenir d’une usine, pour envisager sereinement des futures activités.

8) Formation, un plan qui prépare l’avenir

Dans la même idée, il est incontournable et urgent de mettre en place un plan de formation qui « pense » les futures activités, qui tient compte des besoins immédiats et futurs. Aujourd’hui, trop de besoins ne sont pas satisfaits ce qui conduit à des difficultés. De l’argent public est distribué chaque année pour la formation, il y a eu des longues périodes de chômage partiel qui n’ont pas été mises à profit.

9) Un bureau d’études

Nous le répétons, un bureau d’études à Bordeaux est une nécessité. C’est même une condition pour réussir le « centre d’excellence de la transmission » dont nous parlent les dirigeants de Ford Europe.

Pour la cohésion de l’ensemble des activités, pour renforcer la réactivité, il est aussi nécessaire de ré-internaliser le service des achats.

10) Le rachat de Getrag par Magna, quels changements ?

L’annonce récente du rachat de Getrag par Magna fait inévitablement poser des questions. Forcément, l’accord de coopération avec GFT va être revu. Il y a des risques de changements et de remise en cause des choix faits précédemment. Il peut y avoir des conséquences sociales et industrielles négatives. Comment Ford envisage de maintenir voire de renforcer la coopération entre les 2 usines déjà existante? Comment Ford va garantir voire développer l’activité engagée avec Getrag ?

11) L’unité du site (FAI - GFT) et de ses salariés :

L’arrivé de Magna met en évidence la fragilité du site, l’instabilité de la situation. Sachant que les rapports au sein de la joint-venture étaient parfois conflictuels, que les intérêts des uns et des autres ne sont pas toujours en concordance. Pour nous, la seule garantie d’une véritable coopération entre les deux usines c’est que Ford reprenne la main de son ex-usine GFT. Le « centre d’excellence » sera viable parce que le site sera véritablement une unité.

En conclusion, nous espérons vous avoir convaincu de la nécessité d’aborder toutes ces questions fondamentales pour nous. D’autant que l’avenir du site pour l’après 2018 passe par des décisions qui doivent être prises dans les prochains mois.

Les syndicats FO – CFTC – CFE/CGC – CGT, le lundi 7 septembre 2015

Nous sommes sociaux !